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Mobilité durable

Mercredi 13 février 2008
Auto en libre-service et Vélo en libre-service, entre gadget et vrai changement des comportements.

Depuis quelques mois, il est fréquemment question des systèmes de mobilité « en libre-service », notamment suite au succès rencontré par le Vélib à Paris. A Strasbourg, cela a suscité un débat et des réflexions sur l’intérêt de développer cette formule et sur la forme qu’un tel service devrait prendre dans notre ville.

Plus récemment, la campagne municipale a vu émerger des cartons des projets de voitures en libre-service, pendant du vélo en libre-service appliqué aux quatre roues motorisées. Bertrand Delanoë et Françoise de Panafieu rivalisent de surenchère dans la campagne municipale parisienne pour proposer 2000 ou 2500 voitures en libre service, propres, fonctionnant comme le Vélib. Pour Strasbourg, la candidate Chantal Cutajar propose également sur son site de mettre en place un système de voitures en libre service.
Si le parallèle entre ces deux nouvelles approches de la mobilité, qui ont toutes deux la particularité de séparer la propriété de l’usage, est séduisant à premier abord, il convient de rester vigilant, car on ne peut appliquer exactement les mêmes recettes à la voiture qu’au vélo.
En premier lieu, il convient de dire que le système de voitures en libre service existe déjà : « l’autopartage » fonctionne depuis 20 ans en Suisse et en Allemagne et depuis 7 ans à Strasbourg. La coopérative d’autopartage locale Auto’trement propose aux strasbourgeois 50 véhicules accessibles en libre-service pour une heure ou plus disposés dans 20 stations de proximité. Plus de 1000 abonnés se partagent ces véhicules, ce qui a permis de réduire l’encombrement automobile (environ 350 véhicules en moins dans Strasbourg) et permet de diminuer les émissions d’environ 1000 tonnes de CO2 par an. Cette action, qui a bénéficié du soutien de la Communauté Urbaine de Strasbourg depuis 2000, s’inscrit pleinement dans les objectifs généraux du Grenelle de l’Environnement.
Dans l’autopartage comme dans l’offre  de vélo en libre service, ce que l’usager apprécie, c’est essentiellement :
-       La proximité : je dispose d’un véhicule (vélo ou voiture) à moins de 500 m de l’endroit où je suis (domicile ou travail).
-       L’accessibilité : je dispose de ce véhicule quand j’en ai besoin (24h/24) et je peux le rendre dès que je n’en ai plus besoin.
-       La simplicité : j’accède au véhicule sans trop de formalités à l’aide d’une carte et en quelques clics de souris.
La seule différence entre les deux systèmes est qu’avec l’autopartage, on ne peut pas prendre une voiture pour la déposer à un autre point, et que la première demi-heure n’est pas gratuite.
Le fait de pouvoir prendre un vélo à un endroit et le rendre à un autre génère d’énormes flux de déplacements journaliers, qui sont loin d’être tous équilibrés. Les utilisateurs du Vélib savent qu’il peut souvent être galère, soit de trouver un vélo, soit de trouver une place pour le reposer lorsque les stations sont pleines. On peut aisément imaginer le casse-tête que représenterait une transposition de ce système à des voitures particulières.
Vélib dispose de plus de 50 camionnettes qui transportent les vélos pour rééquilibrer les stations en permanence. Imagine-t-on dans Strasbourg des camions porte-voitures circuler en permanence pour rééquilibrer les stations ? Ou des salariés payés pour traverser la ville en voiture pour rééquilibrer les stations ? Quel serait le gain environnemental d’un tel service ?
Le service Vélib est pratiquement gratuit pour les utilisateurs, alors qu’un vélo en libre-service revient entre 2000 et 3000 €/an/vélo. Il est de fait financé collectivement indirectement (par la pub) ou directement, (par les collectivités).
Autant on peut comprendre un financement majoritairement public d’un vélo, mode de transport écologique par excellence. Autant la gratuité ne saurait s’appliquer à un système de véhicules en libre-service. Les utilisateurs doivent payer le vrai coût de la voiture pour encourager au maximum l’usage des modes alternatifs comme le transport public ou le vélo.
C’est au final le risque d’un système en libre service « intégral », fut-ce avec des véhicules propres (mais cela existe-t-il ? l’électricité, par exemple, est bien produite ailleurs !) que de venir concurrencer le transport public et le vélo.
L’autopartage vise, lui, une vraie complémentarité avec les autres modes : les déplacements pendulaires ou en aller-simple sont faits en transport publics, en vélo, ou même en taxi pour certains d’entre eux ; les trajets en boucle occasionnels qui nécessitent un véhicule (courses, sorties du soir, déplacements périurbains) sont faits en véhicule partagé.
L’expérience montre qu’un service simple, économique à la fois pour l’usager et pour la collectivité (aujourd’hui le service d’autopartage est quasiment autofinancé par les utilisateurs) répond mieux à la complémentarité des besoins des utilisateurs qu’un libre-service intégral probablement coûteux et logistiquement complexe à gérer, risquant de plus de concurrencer le transport public et la bicyclette.
L’autopartage est respectueux de l’environnement parce qu’il encourage les modes alternatifs à la voiture, les véhicules en libre-service auraient un effet inverse, car ils faciliteraient l’usage de l’automobile, et cela aux frais de la collectivité !
Le soutien financier de la collectivité est utile le temps de la montée en charge de l’autopartage sur un territoire où il n’existe pas. Ensuite, il suffit de faciliter son développement, par exemple en mettant à disposition dans tous les quartiers des emplacements centraux bien visibles et bien situés pour que tous les habitants aient un véhicule à moins de 500 m de chez eux et de favoriser sa mise en place dans les villes moyennes et à proximité de leur gare pour favoriser l’intermodalité avec le TER pour les déplacements régionaux.
L’avenir est dans la recherche de complémentarité entre les modes de déplacement, et l’autopartage, qui est aujourd’hui solidement installé à Strasbourg et se développe désormais dans bien d’autres villes en France, constitue bien l’un des chaînons des mobilités alternatives à l’automobile en solo.
François Guyon et Jean-Baptiste Schmider*
*respectivement président et directeur général d’Auto’trement

Retrouvez cette tribune dans le blog des DNA
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Mardi 22 janvier 2008
Auto'trement, a réalisé une étude pour le compte du Predit (disponible sur www.autotrement.com/rap.htm), qui montre un potentiel pour l'autopartage dans les villes Alsaciennes de plus de 15'000 habitants.

Suite à ces premiers éléments, nous vous proposons de participer au "petit déjeuner de l'APR", sur le sujet : "Mise en oeuvre de l'autopartage en Alsace et dans le Rhin supérieur : quelles perspectives ? Quels partenariats ?".
Le 1er février 2008 de 8h30 à 10h30 au restaurant "La chaîne d'or", 134 Grand'Rue à Strasbourg (tram Langstross).

Cette rencontre sera l'occasion de s'intéresser aux modalités de développement du service et aux conditions de viabilité, financières, juridiques, et techniques :
- scénarios de diffusion et d'organisation de l'autopartage dans les villes moyennes.
- partenariats possibles entre organistion d'autopartage et collectivités.
- perspectives de coopération transfrontalière pour l'autopartage.
- articulation entre l'autopartage et les autres mobilités (transports en commun, transports à la demande...).

Contactez Auto'trement pour vous inscrire.
 
 
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Mercredi 24 janvier 2007

Avec le renchérissement de l'essence, la question se pose de plus en plus pour les ménages possédant une voiture : pourquoi ne pas choisir un carburant alternatif ? Cette question, les structures d'autopartage se la posent également : voici quelques éléments de réflexion...

Parmi les solutions les plus connues :

- le GPLc (Gaz de pétrole liquéfié carburant), avait fait parler de lui avec des cas d'explosions dans les parkings : depuis 2000 les soupapes sont obligatoires - ce qui d'après les constructeurs permet aux véhicules GPL d'être aussi sûrs que les autres. Concernant la pollution, "le GPL est perçu comme un carburant propre. Son bilan écologique reste pourtant mitigé, même s'il est globalement supérieur à celui des carburants conventionnels." voir l'article à ce sujet dans Wikipédia

- le GNV (Gaz naturel pour véhicules) est souvent associé à l'essence dans un moteur bi-carburation. Heureusement, car il y a très peu de stations de GNV en France (une en Alsace !) contrairement aux pays voisins (l'Italie est très en avance). Comme le GPL, il est surtout utilisé dans les flottes importantes (Gaz de Strasbourg, bus de la CTS, véhicules d'entretien de la ville...), car ils sont plus économiques et provoquent moins de vibrations dans le moteur, donc moins de bruit. Les qualités écologiques du GNV paraissent plus évidentes : sa combustion ne dégage ni soufre, ni plomb, ni poussières, et moins d'oxyde d'azote, de monoxyde de carbone et de gaz carbonique que les autres carburants. Le GNV est le carburant le plus difficilement inflammable, et il est non explosif.

les biocarburants. Très médiatisés récemment, il en existe différents types suivant les modes de production et leurs impacts en terme de pollution sont également variables. Informations plus détaillées dans Wikipédia. En France, les biocarburants devraient être de plus en plus intégrés aux carburants classiques, d'après les objectifs annoncés par le gouvernement. Mais la polémique fait rage sur leur impact écologique réél (pollution par la filière de production notamment) et sur les enjeux géo-stratégiques (occupation de grandes surfaces de terres au détriment notamment de la production alimentaire ou de la forêt au Brésil). Voir l'article à ce sujet dans le Monde du 08/06/2006.

- le moteur éléctrique. Deux choix de voiture et donc d'usage différents : soit une petite citadine roulant exclusivement avec un moteur éléctrique (type Peugeot 106), soit une routière à bicarbuarion (type Toyota Prius). La première n'est guère adaptée qu'à un usage urbain à cause de sa faible autonomie, la seconde est polyvalente puisque l'un des carburants prend le relais de l'autre en fonction de la vitesse de circulation. Les constructeurs semblent faire des progrès sur l'autonomie des piles (mais en font-ils autant sur leur recyclage ?) et peut-être qu'on pourra choisir un jour de quelle éléctrivité on veut nourrir sa voiture (centrale nucléaire, au gaz ou au  charbon ? éolienne ou photovolotaïque ?).

Et l'autopartage dans tout ça ? Comme d'autres organisations d'autopartage, Auto'trement a fait l'expérience de véhicules éléctriques et possède actuellement un Citroën Berlingo à bicarburation GNV (deux Fiat Multipla auparavant).

Les véhicules éléctriques posaient un problème difficilement compatible avec l'autopartage : le temps de recharge. Lorsqu'un adhérent réserve un véhicule, il faudrait qu'il annonce au préalable le nombre de kilomètres qu'il compte parcourrir afin que le véhicule soit immobilisé suffisament longtemps à l'avance pour charger la pile. Non seulement cela demande un développement technologique pour la gestion des réservations, mais en plus le temps de recharge et le surcoût des véhicules rend leur amortissement impossible actuellement. Cependant, il existe un service proche de l'autopartage avec des véhicules exclusivement éléctriques : Liselec à La Rochelle (groupe PSA).

Les véhicules au GNV sont plus faciles à gérer, car même si il y a encore peu de stations en France, ils peuvent également rouler à l'essence. Dans le cas du Berlingo, la mauvaise surprise vient de la place occupée par le réservoir dans le coffre, alors que dans les Multipla, le réservoir remplacait la roue de secours, préservant le coffre. Il y a très peu d'usagers du Berlingo qui font le plein de GNV, rebutés par le fonctionnement différent d'une pompe classique (mais qui n'est pas compliqué).

Une question se pose sur la compatibilité entre autopartage et carburants alternatifs : faut-il additionner les contraintes pour l'usager et pour l'organisation ? D'une part, un adhérent de l'autopartage, qui fait le choix de se passer d'une voiture au quotidien, réduit de 75% sa mobilité automobile au profit de modes alternatifs (train, tram, vélo, marche à pied...) et réduit donc d'autant la pollution atmosphérique. C'est une moyenne déjà très élevée par rapport aux gains des carburants alternatifs. D'autre part, malgré sa souplesse d'utilisation, l'autopartage ne permet pas la liberté d'une voiture particulière. Les contraintes (réservation, station d'autopartage plus ou moins proche, respect des règles de partage des véhicules...) peuvent déjà dissuader les personnes encore trop "auto-dépendantes". Ainsi, le risque du choix des carburants alternatifs pour l'autopartage est de rajouter du scepticisme concernant la complexité du système (où faut-il faire le plein ? comment ça marche ? est-ce sécurisé ?) et de la difficulté de gestion pour la structure organisatrice. C'est pour cette raison que les organisations d'autopartage ont tendance à proposer des modèles aussi "grand public" que possible, à l'essence ou au gasoil. 

Par Auto'trement
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Samedi 20 janvier 2007

L'Alliance pour la Planète (groupement national d'associations environnementales) lance un appel simple à tous les citoyens :"5 minutes de répit pour la planète" -  tout le monde éteint ses veilles et lumières le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h00. Il ne s'agit pas d'économiser 5 minutes d'électricité uniquement ce jour-là, mais d'attirer l'attention des citoyens, des médias et des décideurs sur le gaspillage d'énergie et l'urgence de passer à l'action. En effet, le 1er février sortira, à Paris, le nouveau rapport du groupe d'experts climatiques des Nations Unies Plus d'infos : www.lalliance.fr

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